PHOTO DE FICHIER : Euronext Amsterdam à Amsterdam
par Diana Mandia
Les principales Bourses européennes sont attendues en hausse d'environ 4% mercredi à l'ouverture, soulagées par l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, qui intervient après des heures de forte tension qui ont fait craindre une escalade majeure au Moyen-Orient.
Les contrats à terme signalent une hausse de 4,31% pour le CAC 40 parisien, de 5,3% pour le Dax à Francfort, de 2,89% pour le FTSE à Londres et de 4,54% pour le Stoxx 600.
Les marchés devraient montrer un grand soulagement mercredi à l'ouverture de la séance, après que le président Donald Trump a annoncé dans la nuit un cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran, à condition, a-t-il précisé, que le détroit d'Ormuz soit rouvert immédiatement et en toute sécurité.
Cette annonce, qui a été faite moins de deux heures avant l'expiration du délai que Washington avait accordé à l'Iran pour parvenir à un accord, et dans un contexte de tensions extrêmes après plus d'un mois de guerre, provoque une forte chute des prix du pétrole, qui sont au coeur des turbulences du marché depuis le début du conflit.
Le Brent perd 14,08% à 93,89 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 15,32% à 95,65 dollars.
Les prix du gaz reculent également, le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence pour l'Europe, perdant 17% à 43,96 euros par mégawattheure (MWh).
En réalité, tous les actifs réagissent : le dollar, qui avait bénéficié de sa condition de valeur refuge, perd du terrain dans l'espoir d'un apaisement géopolitique, tandis que les obligations d'État se redressent après avoir été sévèrement malmenées par les craintes inflationnistes déclenchées par la flambée des prix de l'énergie.
Les Bourses asiatiques, également sous pression depuis le début de la guerre, s'envolent, reflétant le soulagement des investisseurs, inquiets de l'impact économique de la flambée des prix du pétrole pour un continent fortement dépendant de l'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient.
Les marchés resteront toutefois attentifs pour voir si ce cessez-le-feu de deux semaines débouchera sur une solution durable.
"Est-ce que cela signifie que les gens vont prendre de nouveaux risques ? Non, pas du tout", souligne Martin Whetton, responsable de la stratégie des marchés financiers chez Westpac. "Il faudrait en réalité une paix durable (pour que les choses changent). Les gens ne prennent pas vraiment de risques", dit-il.
LES VALEURS A SUIVRE :
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mardi à l'approche de la fin de l'ultimatum posé par le président américain pour obtenir un accord avec le régime de Téhéran.
L'indice Dow Jones a cédé 0,18%, le Standard & Poor's 500, plus large, a pris 0,08%, et le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 0,10%.
EN ASIE
L'annonce du cessez-le-feu au Moyen-Orient porte les Bourses asiatiques ce mercredi.
L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a fini en hausse de 5,39% à 56.308,42 points.
Le Kospi de la Bourse de Séoul s'envole de plus de 7%.
En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai progresse de 2,42% et le CSI 300 des grandes capitalisations avance de 3,22%.
La Bourse de Hong Kong prend 2,99%.
TAUX / CHANGES
Les rendements obligataires reculent fortement après l'annonce d'une trêve entre les États-Unis et l'Iran, les investisseurs espérant qu'un éventuel règlement durable du conflit freine la récente envolée des prix de l'énergie et limite l'inflation.
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 10,1 points de base à 4,2418% et celui de l'obligation à deux ans abandonne 10,7 points de base à 3,7255%.
Dans la zone euro, le rendement de l'obligation allemande à deux ans perd 23,7 points de base à 2,4926%, sa plus forte baisse journalière depuis mars 2023.
Le rendement du Bund à dix ans est stable à 3,0864%.
Charu Chanana, stratège chez Saxo, souligne toutefois que le prix du Brent reste bien supérieur à son niveau de février, avant la guerre.
"Je ne partirais pas du principe que les marchés vont simplement recommencer à anticiper le même nombre de réductions des taux qu'avant la guerre. Le plus inquiétant, c'est que certains dommages pourraient persister même en cas de désescalade", avertit-elle.
Sur le marché des changes, le dollar perd 1% face à un panier de devises de référence. Le billet vert, considéré comme une valeur refuge, a été l'un des bénéficiaires de l'aversion au risque provoquée par la guerre.
L'euro gagne 0,79% à 1,1686 dollar.
MÉTAUX
Le prix de l'or a atteint son plus haut niveau depuis près de trois semaines, après que le président américain a accepté de suspendre les attaques contre l'Iran pendant deux semaines, apaisant ainsi les craintes d'une inflation liée aux prix de l'énergie.
Il ressort à 4.825,11 dollars l'once, en hausse de 2,61%.
Les cours du cuivre ont quant à eux atteint leur plus haut niveau depuis trois semaines.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 8 AVRIL :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
FR 06h45 Balance commerciale février n.d. €-1,843
mds
- importations février n.d. €55,27
mds
- exportations €53,43
mds
EZ 09h00 Prix à la production février -0,7% +0,7%
- sur un an -3,0% -2,1%
EZ 09h00 Ventes au détail février -0,2% -0,1%
- sur un an +1,7% +2,0%
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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